La solitude peut-elle être positive ?

Aimez-vous avoir du temps en solo ou des moments de silence loin des autres? Est-ce que vous vous connaissez bien? La solitude peut-elle être au cœur de votre vie de façon saine? Zoom sur la peur de la solitude et la solitude volontaire.

Plusieurs personnes croient que la technologie les relie aux autres, mais elles se sentent toujours seules. Elles rencontrent et voient rarement des amis, parlent moins en personne et partagent moins de conversations intimes. C’est pourquoi plus de gens se sentent plus seuls que jamais.

Célibataire depuis bientôt 7 ans, j’habite seule avec deux chats et un lapin. Je travaille à partir de la maison en raison de la situation de la COVID-19 à Montréal. Il m’arrive, comme tout le monde, de ressentir de la solitude et un besoin de connecter. Je remarque que nous avons tendance à fuir à tout prix le sentiment de solitude. Pour l’éviter, nous nous compromettons dans les relations et les amitiés, en prenant des restes et en nous installant avec des personnes incompatibles, de peur d’être seules et de vivre de la solitude. La plupart d’entre nous avons défini le sentiment de solitude comme un « sentiment inacceptable dans le département des émotions ».

Mais que se passerait-il si nous voyions ce mot différemment? Et si nous changions simplement la définition « du temps seul » comme étant du temps passé avec nous-même que nous chérissons et attendons avec impatience? Si c’était le cas, nous devrions changer la relation que nous avons avec nous-même. Nous devrions arrêter de courir pour éviter d’être seule avec nous-même. Combien d’entre nous préférons remplir cet espace vide en nous avec les autres plutôt que de devoir faire le travail d’aimer être avec qui nous sommes dans le moment présent?

N’oublions pas ! Notre société fait toujours la promotion de la vie à deux, ou nous dit de cent manières différentes qu’être entouré de gens en vaut la peine. Mais considérons ceci:

Tout le monde a déjà été à un party à un moment ou à un autre et a ressenti une profonde solitude parmi les gens, s’est retrouvé dans une relation engagée et a ressenti ce sentiment familier de solitude.

Il ne s’agit donc pas d’avoir besoin d’un corps autour de nous pour éviter la solitude.

La différence entre la solitude et se sentir seule

La solitude n’est pas la même chose qu’être seule. La solitude est positive pour nous. Apprendre à passer du temps seule en profitant de la vie est très enrichissant.

Mais être seule doit être un choix pour que ça soit sain. Les personnes âgées qui désirent de la compagnie mais qui manquent de visiteurs, par exemple, sont plus susceptibles de ressentir les effets physiques et émotionnels de la solitude.

Il est également tout à fait possible de se sentir seule même lorsque nous sommes entourées de gens. Si nous n’avons pas l’impression que notre entourage nous comprend vraiment, ou si nous craignons qu’ils ne nous accepteraient pas s’ils connaissaient le « vrai nous », être en compagnie de personnes ne résoudra pas nécessairement nos sentiments de solitude.

Pourquoi la solitude est nuisible

Des chercheurs ont découvert que les personnes qui se sentent seules sont 50% plus susceptibles de mourir prématurément que celles qui ont des relations sociales saines.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles la solitude peut être mortelle. Elle peut entraîner une variété de problèmes de santé physique, psychologiques et en société. Malheureusement, la solitude semble être une épidémie croissante (surtout pendant la pandémie actuelle). D’ailleurs, des études montrent que la moitié des Américains se sentent seuls et isolés. Au Québec, on parle d’une épidémie invisible de la solitude. Selon La Fondation de France, 12% de la population française souffrirait de solitude. Un isolement qui touche de plus en plus les pauvres et les jeunes. Ce pourcentage équivaut à 5 millions de Français. La planète entière a besoin d’un HUG !

Le Dr Danilo Bzdok, professeur à l’Institut neurologique de Montréal et à Mila, Institut québécois d’intelligence artificielle, a expliqué au journal Le Devoir :

Les gens qui vivent en permanence dans la solitude se retrouvent de façon chronique dans une situation de stress. L’interaction sociale est tellement importante pour l’être humain, est tellement cruciale pour les gens de tout âge, des bébés aux personnes âgées, que s’il y a une carence d’interactions sociales comme ce pourrait être le cas en raison de l’isolement massif qu’a entraîné le confinement, ces gens-là perçoivent cette exclusion sociale comme une menace. Des études effectuées chez les singes, les rats, les souris, mais aussi chez l’humain, ont montré que les circuits cérébraux impliqués dans le comportement de mise en alerte face à un danger [soit les circuits associés au stress] sont sollicités de manière chronique chez les personnes vivant seules et qui souffrent de la solitude.

Alors comment peut-on cultiver des moyens plus sains de nous connecter ?

Il y a toujours quelque chose que nous pouvons faire pour créer une vie plus connectée avec les autres.

  1. Développons quelques relations étroites et bienveillantes avec nos amis, notre famille ou nos collègues.

Faisons des efforts pour entretenir nos relations les plus proches en nous donnant des nouvelles régulièrement, en reconnaissant les événements importants de la vie, en écoutant, en étant présente lorsqu’ils ont besoin de nous et en étant là à travers les hauts et les bas de la vie. Appelons nos collègues au téléphone et planifions des plans de distanciation sociale (si vous vous sentez tous les deux à l’aise, bien sûr).

  1. Donnons la priorité à l’équilibre entre notre emploi du temps et notre vie personnelle.

Pensons à des activités créatives, sociales ou bénévoles que nous aimerions ou trouverions significatives. Faisons des recherches et établissons un plan précis sur la façon de les intégrer à notre emploi du temps chargé. Que sommes-nous prêts à laisser tomber pour consacrer plus de temps à la socialisation?

  1. Faisons l’inventaire de nos relations.

Si la plupart de nos relations sont superficielles, demandons-nous si nous souhaitons apprendre à connaître ces personnes. Sont-elles capables d’être le genre d’amis proches que nous aimerions? En fonction de la réponse, nous pouvons décider de parler davantage de nos besoins, de tendre la main et d’initier davantage, ou de rechercher différents types d’amis.

  1. Changeons de discours intérieur.

N’acceptons pas nos pensées lorsque nous commençons à ressentir une ambiance solitaire en nous. Attrapons-la avant qu’elle ne prenne racine, avant de commencer à nous dire que nous sommes seules et à chercher désespérément autour de nous en remarquant des couples qui se tiennent la main ou des groupes de personnes assises dehors dans des restaurants en train de rire et d’avoir l’impression que nous avons échoué d’une manière ou d’une autre.

Disons-nous plutôt : « Je peux être avec moi maintenant » et demandons-nous ce que nous avons envie de faire. Quelle action pourrions-nous entreprendre à ce moment-là pour voguer vers un autre état d’esprit?

  1. Aimons-nous plus !

Soyons seule, sans craindre ce vide qui peut parfois naître. Soyons avec nous-même et aimons-nous quand il n’y a personne pour nous valider. Apprenons à aimer la personne que nous sommes dans toutes sortes de situations. Le climat que nous créons dans notre esprit, grâce à notre discours intérieur positif, élève la barre de toutes les autres relations dans notre vie. Choisissons-nous! Passons du temps à faire des choses qui comptent pour nous et de découvrir ces choses. Lorsque nous apprécions vraiment notre propre personne et la vie significative que nous avons cultivé, nous voudrons naturellement partager cette joie avec quelqu’un d’autre.

Il s’agit de nous aimer pour être avec les autres de façon différente. Être avec eux, car nous débordons de joie; pas car nous ressentons un vide. Le désir de connecter ne vient plus d’un manque ou de l’isolement. Nous avons appris à nous asseoir seule sans nous sentir seule.

Dans les prochains jours, comment pourriez-vous êtres plus connectés aux autres? Combien de temps pouvez-vous consacrer à apprivoiser une solitude volontaire? Avez-vous peur de la solitude?

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