Récits perso

La technique du Naked Man : un gars m’a fait le coup

L’automne dernier, j’ai fait la connaissance de l’une des trois techniques de séduction les plus connues de Barney (Neil Patrick Harris) de la série télévisée culte How I Met Your Mother : la technique du Naked Man.

La technique du Naked Man, vous connaissez ? En français, cette stratégie de drague se nomme « la technique de l’homme nu ». Je ne connaissais pas avant l’automne dernier. Comme la plupart des gens, j’ai regardé et adoré toutes les saisons de la série télévisée culte How I Met Your Mother (Comment je l’ai rencontrée) sur Netflix. Mais blanc de mémoire total par rapport à cette technique lorsqu’un mec a jugé bon de me faire le coup chez moi. Oui, vous avez bien lu. Une personne réelle, dans la vraie vie, m’a fait le coup.

Je sais.
Je poursuis.

Le personnage de Neil Patrick Harris explique la technique comme suit dans l’épisode 9 « Ciel, un homme nu ! » de la saison 4 :

Tu es à un premier rendez-vous. Tu bois quelques verres. Tu trouves une excuse pour monter chez la fille. Dès qu’elle quitte la pièce, tu te déshabilles et tu attends. Quand elle revient, elle rigole. Elle est charmée par ta confiance en toi et ton courage, elle décide de coucher avec toi. Boum ! Ça fonctionne deux fois sur trois. Il te suffit de choisir un lieu. Le Naked Man est à utiliser en dernier recours. Une technique extrême pour conclure lors du premier rendez-vous quand tu sais qu’il n’y en aura pas de deuxième.

Dans la sitcom américaine, c’est le pauvre Ted (Josh Radnor) qui subit la tactique de l’homme à poil de la date de Robin (Cobie Smulders). En entrant chez lui, il découvre un homme à poil sur son canapé. L’homme en question s’appelle Mitch. Pendant qu’elle lui téléphone dans la rue, il est dans son salon. Mitch juge qu’il n’est pas assez bien pour Robin et décide de tenter le tout pour le tout.

De retour à la vraie vie. Ma vraie vie.

J’écrivais à un charmant ami d’un ami en messages privés sur Instagram depuis 3-4 mois. Appelons-le Arthur. Même s’il porte le nom d’un prince et du roi qui a marqué l’histoire du 5e et 6e siècle, il n’a rien d’un héros dans cette histoire, je vous assure.

J’aimais bien échanger avec lui. Il était cultivé et savait bien écrire. Il préférait les livres à la télévision. Mais il refusait de me dire son âge. Il aimait dire que nous étions des amis. Ça m’agaçait, car je voulais aller à un rendez-vous avec lui. Il faisait des allusions à me voir, mais ne me proposait jamais rien de concret. Il voulait toujours que notre ami en commun soit présent. Je trouvais son comportement étrange comme s’il ne me disait pas tout. Mon ami me disait de me tenir loin de lui sans jamais vouloir m’expliquer pourquoi. Cette situation piquait ma curiosité au plus haut point. Je ne pouvais pas la laisser ainsi.

Un soir en août, je me suis lancée.

Mlle Belle Trentaine : T’as des projets ce week-end ?

Arthur : Allô ! Je ne sais pas encore, et toi ?

MBT : J’aimerais prendre du temps pour te voir.

Arthur : On pourrait peut-être aller prendre un café ou de quoi du genre. Toujours sympa d’avoir des amis du quartier !

MBT : Oui, mais ma proposition était plus comme une date.

Arthur : Je ne sais pas quoi te répondre. Ça ne fait pas si longtemps que je ne suis plus avec mon ex. Je ne suis pas à l’aise avec ça.

MBT : Je comprends, mais je suis étonnée. Je n’avais pas une impression purement amicale de ta part. Je ne suis pas prête à m’investir dans une relation. Cependant, je suis intéressée à apprendre à te connaître !

Arthur : C’est purement amical ! Je suis une personne super sociable et sympathique. Je suis désolé si ça porte à confusion. C’est vrai qu’à notre époque, on marche toujours sur des œufs.

Ses textos me disaient pourtant le contraire. Ce mec n’était pas net. Il était mystérieux, et noir. Je me suis dit qu’il valait mieux de m’en tenir là.

Une semaine plus tard, il m’a envoyé une photo avec notre ami en commun à partir d’un bar que j’aimais bien :

MBT : Ah bin faut m’inviter au lieu de lui !

Arthur : C’est toi la vieille. Tu paies la first date. Pas moi ! Tu es ma cougar.

MBT : Attends ! T’as oublié de dire que tu paies la first date avec moi ET notre ami.

Arthur : Haha ! Tu fais quoi ce soir ?

MBT : Nada ! J’ai terminé de travailler tard. J’aurais dû sortir au même bar, mais je pense qu’il laisse juste entrer les bambins comme toi.

Quelques jours plus tard, Arthur m’a envoyé une photo de son café. J’ai répondu :

MBT : Il est où le mien ?

Arthur : Tu es plus vieille que moi. C’est à toi de te forcer. Je ne cours pas après les femmes âgées.

MBT : hahaha ! Je n’ai pas dit mon dernier mot là-dessus.

Arthur : Je t’écoute alors.

MBT : J’ai deux questions :

  1. Qu’est-ce qui te fait dire que je suis plus vieille que toi ? Mon âge n’est pas une réponse.
  2. Tu le prends comment ton café ?

Arthur : Tu as l’air plus âgé que moi. Je ne bois que des cafés Cortado.

MBT : Haha j’ai l’air ? Tu me trouves ridée ? C’est enregistré dans ma mémoire de vieille pour le café.

Plus tard dans la journée, je lui ai écrit :

Je ne cours pas après des gosses qui refusent mes invitations. Ça peut se revirer contre moi. Tsé le détournement de mineur !

Arthur : Haha ! Ok je suis parti à rire. Tu as bien répondu.

Arthur avait commencé à me téléphoner de temps à autre pour discuter. C’était agréable, même s’il planait un mystère constant autour de sa personne.

MBT : Alors, j’imagine que tu n’es pas encore prêt à me rencontrer ?

Arthur : En amis, on peut !

MBT : Cool.

Arthur : On pourrait se trouver une activité ou inviter notre ami.

MBT : Bin prendre un café de jour, ce n’est pas romantique. Pas besoin de lui pour ça.

Arthur : Sounds good !

Et apparemment, ce jour est arrivé plus vite que je ne l’aurais cru. Une semaine plus tard, il m’a écrit à 11 h 30 du soir sur Instagram :

Arthur : Appele

MBT : Hen ?

Arthur : Appelle mo8

Ça avait l’air urgent ; il faisait des fautes d’orthographe. Je n’étais pas encore au lit. Je ne comprenais pas pourquoi il ne me téléphonait pas par lui-même. Au téléphone, il parlait très vite et avait l’air d’avoir consommé de l’alcool. Il était au volant de sa voiture. Il disait qu’il était à côté de chez moi et qu’il devait absolument me parler, que c’était urgent, que je devais lui donner mon adresse. Il niait qu’il était saoul, mais sa voix était différente. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Il m’avait déjà parlé par le passé de certains problèmes avec son ex. Je me suis dit qu’il devait être arrivé quelque chose du genre.

Arthur a cogné à ma porte plusieurs fois. Je suis allée lui ouvrir un peu inquiète. Il tenait deux popsicles dans ses mains.

Arthur : Hey ! Je t’ai amené des popsicles ! Il fait tellement chaud. J’ai chaud là ! Pis j’ai soif. As-tu de l’eau ?

MBT : (morte de rire) Tu n’étais pas obligé d’aller acheter des popsicles ! Qu’est-ce qui se passe ? Es-tu correct ? Tu as l’air saoul. As-tu conduit de même ?

Arthur : Hein ? Bin non je ne suis pas saoul pentoute ! J’ai marché. J’ai laissé ma voiture au bar pis j’ai marché jusqu’à chez vous. Me voilà !

Il s’est lui-même laissé entrer chez moi, a regardé rapidement autour de lui et a foncé à la salle de bain. Il avait clairement pris de la coke. C’était évident. J’ai eu un doute que lui donner mon adresse n’était peut-être pas l’idée du siècle après tout. Quoi qu’il en soit, j’étais contente de le rencontrer pour la première fois. Des mois à s’écrire sans jamais se rencontrer. Il était temps.

Dix minutes plus tard, Arthur était toujours dans ma salle de bain. J’étais certaine qu’il fouillait dans mon cabinet ou qu’il était en train de prendre plus de cocaïne. J’ai tenté de lui parler à travers la porte.

MBT : Es-tu correct ?

Arthur : Oui, top shape !

Je me suis éloignée pour m’installer confortablement sur mon fauteuil au salon. Quelques minutes plus tard, il est sorti de la salle de bain en disant que mon appartement était très joli. Et puis, comme ça, sans m’avertir, comme si c’était normal, il s’est mis à poil en plein milieu de ma salle à manger.

Arthur : J’ai chaud. Tu n’as pas chaud toi ? J’ai tellement chaud là ! Ouf ! J’enlève mes vêtements. Il fait trop chaud !

MBT : Hum, qu’est-ce que tu fais là ? Es-tu en train de te déshabiller ? Bin voyons ! Il fait pas si chaud que ça ! Qu’est-ce que tu fais !!!

Deux réactions sont possibles devant la technique du Naked Man :

  1. Rire.
  2. Lui demander de quitter ou appeler la police.

Rien à faire ! Je ne me sentais pas du tout en danger. J’étais seulement morte de rire de son comportement et de la situation qui n’avait aucun sens. À vrai dire, je cherchais les caméras cachées.

Je me suis mise à rigoler et à être prise d’un fou rire. Il n’avait pas de bon sens. Aucun sens ! Il était gelé comme une balle. Je n’avais aucun doute. Il avait un beau corps (on va au moins lui donner ça), mais son comportement était hors de contrôle.

Il est venu s’allonger sur le fauteuil près de moi, dans la même pose que Rose dans le film Titanic lorsque Leonardo Dicaprio la dessine. Je l’ai immédiatement couvert de ma couverture pour cacher sa nudité et surtout, son membre en érection.

MBT : Couvre-toi ! Tu n’as pas de bon sens. Commencer par un verre, ça ne te tentait pas ? Une première date ? Un petit souper ? Un café ? Pas « allô ! voici mon pénis. »

Arthur : Pourquoi pas ! Je ne sais pas, je suis bien avec toi et je ne me suis pas posé la question. Excuse-moi ! Je n’ai pas réalisé que ça te mettrait mal à l’aise.

MBT : C’est la première fois que je te vois de ma vie ! (toujours prise d’un fou rire)

Arthur : Bin oui, c’est cool ! Enlève donc ton pantalon pis ton haut là. T’as pas chaud ?

MBT : Non, moi je suis bin correcte ! Je ne me déshabillerai pas ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Qu’est-ce que tu as pris ? Tu n’es clairement pas dans ton état normal. Arrête de me mentir.

Arthur : Hein ? Bin non, de quoi tu parles. Je n’ai rien pris. Je suis complètement à jeun.

Impossible pour moi de croire à ce qu’il disait ! Ses pupilles étaient complètement dilatées. Il parlait sans arrêt.

Arthur : Arrête donc de rire de moi ! Pourquoi tu ris de moi ?

MBT : Je ne ris pas de toi, je ris de la situation !

Arthur : J’ai mal compris tes avances ! Je sais que tu as envie de moi depuis des mois. Ça fait des mois que tu m’agaces. Relaxe-toi donc !

Là, il commençait à aller trop loin. Je trouvais qu’il me manquait de respect. Je ne voulais pas qu’il quitte et conduise sa voiture dans cet état. Je lui ai dit de dormir sur le divan et que j’allais dormir dans ma chambre.

Le lendemain matin, il avait disparu. J’étais un peu inquiète alors je l’ai texté.

MBT : Bonjour ! Comment va la tête?

Arthur : Pourquoi? Très bien, et toi?

MBT : Bien. J’aurais pensé que ton lendemain de veille aurait été intense.

Arthur : Quel lendemain de veille?

Il jouait toujours à « je n’ai rien consommé hier ». La suite de l’histoire est épouvantable. Je pense que je vais vous l’épargner. En résumé, il m’a dit que j’étais trop vieille pour lui, même si nous avions le même âge. Il m’a dit qu’il voulait une fille de 27 ans ou moins pour rester à la maison, prendre soin des enfants et de lui le soir lorsqu’il reviendrait du travail. Il disait qu’à mon âge, je n’avais plus l’énergie pour m’occuper des enfants et de satisfaire un homme.

Vous avez bien lu.

En plus, il aurait dit à notre ami en commun qu’il avait baisé une fille toute la nuit. C’est en discutant avec cet ami qu’il m’a fait réaliser qu’il avait utilisé la technique du Naked Man.

Conclusion : les gars, ne faites jamais ça ! C’est la pire idée sur la planète Terre ! Non, sur la GALAXIE !

Je dois admettre que je suis étonnée par le taux moyen de résultats (2 succès sur 3 fois). L’audace serait payante au bout du compte.

Assumer sa nudité et être à l’aise dans son corps : oui !
Imposer à une femme de voir nu ce qu’elle n’a pas demandé : non !

Est-ce qu’un homme vous a déjà fait la technique du Naked man ? Que pensez-vous de cette stratégie de drague ? Selon vous, est-ce de la séduction ou une forme d’agression ?

(3 commentaires)

  1. Hum, peut-être pas de l’agression, mais en tout cas ça frôle le harcèlement, le genre de gars qui n’accepte pas un non comme réponse à ses envies. C’est clair qu’on rigole, qu’on lui demande de s’habiller et de quitter, et on ne le rappelle plus jamais!

    1. Chaque personne réagit différemment selon sa personnalité, son caractère, son parcours de vie. Dans mon cas, j’étais plutôt inquiète qu’il prenne le volant, se blesse ou blesse quelqu’un d’autre. Je me sentais tout de même responsable envers lui, en raison de notre ami en commun. Ceci étant dit, il est bien bloqué de mon téléphone et de tous mes médias sociaux 🙂

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