M. Le Rockeur fait tout pour me reconquérir

Je venais de recevoir un message du Rockeur après cinq jours de silence.

Il voulait me voir très bientôt. J’étais contente, mais j’avais peur qu’il m’arrache le cœur, une deuxième fois…

Si vous saviez comment j’ai eu de la difficulté à ne pas lui écrire pendant cinq jours ! Ce n’était pas dans nos habitudes de ne pas nous écrire. Il faisait partie de mon quotidien. J’étais soulagée quand j’ai reçu son message.

M. Le Rockeur : Hey! Comment tu vas? Santé, travail, appart pis toute pis toute? On se fait un petit souper ou verre très bientôt?

J’ai attendu des heures avant de lui répondre. À la suite de notre discussion, je m’étais bâtie des murs de briques autour de moi. Je n’étais pas prête à les démolir tout de suite. J’étais plus froide et détachée. Je me protégeais de lui.

Moi : Salut! Je vais bien, et toi? Ça serait cool. Je suis dispo mercredi et vendredi soir, sinon ça irait à la semaine prochaine.

M. Le Rockeur : Cool demain alors!!! J’ai hâte!

Euh… il avait hâte ? Depuis quand le Rockeur avait hâte de me voir ? Ou plutôt, depuis quand me disait-il qu’il avait hâte ? Je ne comprenais plus rien. J’ai simplement répondu : «cool, à demain !». Il ne méritait pas que je lui dise : «moi aussi». Oh que non !

Le lendemain soir, il m’a écrit vers 17 h pour me dire qu’il était en meeting, mais qu’il pouvait toujours me voir en soirée. J’ai simplement répondu : «ok np.»  Deux heures plus tard, il m’a écrit pour savoir si j’avais soupé.

Moi : J’ai grignoté.

Lui : Soit je passe chez nous pis on se rejoint dans mon coin. Soit je monte chez vous en char après être passé chez nous! Et si t’as soupé… On se fait un verre.

Moi : Ok. 2e option.

Lui : Ok je vais chez nous, je ramasse mon char pis je te rejoins. As-tu quelque chose à boire? On mange quelque chose ensemble? Je vais arrêter en chemin si on a besoin de quoi.

Moi : Je n’ai pas grand chose à part du Gin et du Nutella. Not recommended together. On peut aller sur une terrasse aussi. Genre sur Masson.

Lui : Lol ! All right. Dis-moi où je vais monter en bus direct.

J’avais envie qu’il fasse un effort. Ça paraissait ? Nous nous sommes rejoints au coin du boulevard St-Michel et de la rue Masson. Je l’ai fait attendre une quinzaine de minutes. Il m’attendait en écoutant de la musique, ses cheveux dans les airs avec ses lunettes de soleil sportives. Il n’était pas si beau. Mon détachement allait être plus facile, ai-je pensé.

Nous ne nous étions pas vus depuis quelques semaines. Entre temps, j’avais changé de couleur de cheveux. J’étais passé du blond platine à une repousse brune foncée. Il m’a immédiatement complimenté en disant que j’étais jolie. Je l’ai remercié avec indifférence. Nous avons choisi le Pot Masson, même s’il y avait un peu d’attente avant d’avoir une place.

Nous avons discuté de son travail et du mien. Nous avons rigolé. Je passais un moment agréable, comme d’habitude. Je faisais moins d’effort pour mener la conversation. Je le laissais parler. Nous sommes restés environ 1 h 30 à discuter au resto-bar. Il m’a demandé deux fois ce que je voulais faire après. Je lui répondais que je ne savais pas. Je voulais qu’il décide. Je voulais savoir ce dont il avait envie. À la sortie du resto, nous nous sommes arrêtés au coin de la rue.

M. Le Rockeur : Alors, on fait quoi ?

Moi : Je ne sais pas. Tu veux faire quoi ?

Lui : Tu as envie de quoi ?

Moi : Toi, tu as envie de quoi ?

Aucun d’entre nous ne voulait se prononcer, mais j’étais plus têtue que lui ; je savais que j’allais gagner.

Lui : Veux-tu venir prendre un verre chez moi ?

Moi : Ok

Lui : Ouf… ça a l’air de te tenter ! Laisse faire debord !

Moi : Pourquoi tu dis ça ? J’ai dit ok. Ça veut dire oui.

Lui : Sinon, ça se finit ici, maintenant, sur le coin de la rue, là.

Moi : Je t’ai dit que je venais.

Nous nous sommes donc rendus chez lui. Il m’a demandé si je voulais regarder un film. J’ai dit oui. Il m’a montré toute sa collection de films, un peu trop fier. Je ne connaissais pas ce côté de lui. Il possédait au moins 300 dvds. Ça m’a fait pensé à mon ex et sa collection de films. Il m’a laissé choisir le film et m’a servi un verre de vin. Je me suis assise à la gauche du divan, collée sur l’appui-bras. Il s’est assis à ma droite. Je faisais tout pour rester loin de lui et être distante. Ce n’était pas facile ! Quinze minutes après le début du film, il m’a dit :

Est-ce que tu es bien ? Installe-toi donc plus confortable. Et pourquoi t’es à l’autre bout du divan ? Viens-ici !

Je me suis rapprochée sans le coller. J’ai seulement mis mes jambes à côté des siennes sur le pouf. Et puis, je n’en pouvais plus d’être loin de lui. Il m’avait tellement manqué. J’avais envie de sentir son corps contre le mien. J’ai mis ma jambe gauche par-dessus ses jambes, mon bras gauche sur son ventre et ma tête sur son torse. Il a passé son bras autour de mes épaules et a déposé un baiser sur ma tête. J’étais tellement bien. Il m’a dit :

Est-ce que tu es bien comme ça ?

Moi : Oui.

Lui : Moi aussi, je suis vraiment bien.

J’essayais vraiment d’être indifférente, mais il me rendait la tâche difficile. Et puis, il s’est endormi. Je le trouvais tellement mignon ! Il s’endormait toujours dans mes bras. Quand je lui disais qu’il dormait, il niait.

Une fois le film terminé, je l’ai réveillé et je l’ai tiré dans son lit. Je ne l’ai pas collé. Il m’a collé tout de suite. J’ai ensuite assisté au festival des confidences : « Je suis tellement bien avec toi. Tu me fais capoter. Tu embrasses tellement bien », etc. J’avais l’habitude de répondre «moi aussi» à tous ses commentaires, mais cette fois, je ne disais rien. Plus je disais rien, plus il continuait. Il était incapable de me lâcher. Je ne comprenais rien. Une semaine plus tôt, il voulait arrêter de me voir. Ça ne faisait aucun sens.

Le lendemain matin, quelques heures après être partie de chez lui, il m’a envoyé une photo de son déjeuner : une toast avec du Nutella sans nom. La veille, il avait débattu que le Nutella sans nom était aussi bon que le vrai Nutella. Je le trouvais cute de penser à moi.

J’ai ensuite réalisé : nous n’avions même pas reparlé de notre discussion. Deuxième constatation : M. Le Rockeur faisait tout pour me reconquérir.

M. Le Rockeur n’a pas envie de s’engager

Le lendemain du spectacle de musique du Rockeur, je n’avais toujours pas de nouvelles de lui.

Je n’en pouvais plus d’attendre. J’ai donc décidé d’être vraie et de partager avec lui mon état d’esprit.

Moi : Tu me donnes vraiment l’impression de te crisser de moi x mille. Est-ce que tu t’en rends compte ? Je trouve ça vraiment dommage.

Lui : T’as totalement raison. C’est l’impression que je donne. Ce n’est pas le cas, mais ça sonne de même. Je vais être très honnête et je vais arrêter de te faire attendre pis t’imposer des questionnements pas cool.

Au moment de lire ces lignes, j’ai eu le vertige. Mon cœur ne voulait plus lire son message, mais ma tête m’a obligé à continuer ma lecture.

Lui : Lately, je suis un peu perdu dans mes trucs. Je ne sais pas trop comment décrire le feeling, la source et la direction que ça prendra, mais je n’ai pas envie de t’imposer ça. Je comprends que ce n’est pas évident pour toi. C’est mieux que je te le dise maintenant. Désolé. T’es vraiment nice, mais tu me fais réaliser que je n’ai pas de place pour bâtir quelque chose en ce moment. C’est poche d’écrire ça de même, mais je ne veux plus te faire attendre. Je réalise que ce n’est pas cool pour toi et je m’en excuse. Y’a peut-être rien à comprendre… mais j’espère que tu comprendras un peu pareil. Faut que je stabilise d’autres morceaux dans ma vie avant de m’investir avec quelqu’un. I told you, I’m kinda lost right now.

Je ne comprenais rien. Ma vue s’est embrouillée, ma respiration était difficile, ma tête s’est transformée en carrousel… J’ai vu ma vie s’écrouler à nouveau. J’étais encore en train de perdre une personne que j’aimais. Mon monde se faisait encore bousculer. J’avais envie de crier tellement ça me faisait mal. Je revivais une douleur brûlante, la même que cinq mois avant.

Moi : Wow. Ça me brise le cœur. Tu aurais pu me le dire avant. Tu savais que j’étais déjà super fragile et je t’ai quand même fait une place dans ma vie. Là, je suis fucking à terre. Tu aurais pu m’en parler en personne!

Lui : Non, parce que je m’en rends compte là. Sinon, je l’aurais fait avant. I swear.

Moi : Wow ! Et tu ne peux même pas m’expliquer en personne ?! WTF. J’ai vraiment besoin de comprendre. Vraiment. Si tu ressentais le quart de ce que je ressens pour toi, tu ne ferais pas ça. J’étais vraiment tombée amoureuse de toi et je voyais du potentiel pour nous à long terme. Toi même tu trouvais que ça fittait et tu disais même que j’étais peut-être la fille de tes rêves. Tu as toujours été là pour moi depuis ma séparation. Que tu me dises ça, comme ça, ça me rentre dedans…

Lui : C’est vrai que j’ai été là pour toi et toi aussi. Full sincère. Pis là, les derniers jours, je me rends compte que je te crée des attentes que je ne peux pas remplir. Je n’aime pas être dans cette position là. Ce n’est pas fair.

Moi : Pourquoi tu ne peux pas les remplir?

Lui : Sincèrement: parce que je vois que j’en suis pas là dans ma tête.

Moi : Veux-tu dire que tu ne te vois pas avec moi ?

Lui : À ce stade-ci, avec ce qu’on sait de l’un et l’autre, I don’t know.

Moi : Tu n’aurais pas eu envie de le découvrir justement? Je ne me voyais pas en couple avec toi demain matin non plus. Je ne suis pas rendue là. Je t’ai juste demandé si tu te foutais de moi parce qu’avant tu m’écrivais et tu avais hâte de me voir. Je prenais ce que tu me donnais. Je ne voulais pas te voir 7 jours sur 7 !

Lui : Je comprends. Le feeling que j’avais c’était plus que ça.

Moi : J’aimerais qu’on se voit pour apprendre à mieux se connaitre justement. Je trouvais ça correct de se voir deux fois par semaine. C’est normal que je me pose des questions quand tu me reportes souvent ces derniers temps.

Lui : T’as raison sur ça.

Moi : C’est tout ce que tu trouves à dire?

Lui : Je suis d’accord que de se voir plus ça permet de se connaitre. Et c’est normal que tu te poses des questions. De mon côté, je sens une pression que je n’aime pas sentir. Comme si, déjà, il y avait un engagement.

Moi : C’est bien la dernière chose que je souhaite, que tu te sentes comme ça. Je suis habituée que tout le monde me laisse tomber. J’avais peur de ça et sans le vouloir, ça t’a mis de la pression. Je m’en fou qu’on se voit une ou zéro fois par semaine. Y’a pas de contrat. Pas d’engagement. J’ai juste besoin de positif. Je comptais un peu sur te voir parce que ça me fait du bien. Je me suis dit : «il me reporte, une autre histoire de marde ».

Je l’avoue : j’ai essayé de le retenir. Je ne voulais pas le perdre. Il était trop important pour moi. Jamais je n’aurais pu imaginer ressentir des papillons et de la passion pour quelqu’un d’autre que mon ex. Je me disais que ce devait signifier quelque chose. Et combien de gens rencontre-t-on dans une vie qui nous donnent des papillons ou avec qui la passion est si brûlante ? Très peu.

Moi : Tu veux quoi? C’est quoi la conclusion. Je suis un peu perdue.

Lui : La conclusion c’est que je n’ai pas envie de m’engager ou de devoir quelque chose à quelqu’un. Je n’ai pas envie de décevoir et je fais mon gros possible pour ne pas que ça arrive. J’ai envie d’un truc simple, que ce soit ce soir pis la prochaine fois dans deux semaines sans me sentir mal. J’ai envie d’être capable de parler de n’importe quoi pendant des heures pis avoir du fun pis que ça reste un super beau moment ben simple sans avoir le feeling que demain on va attendre quelque chose de moi.

Moi : C’est beau ce que tu décris. Ça donne envie de le vivre. J’aimerais vivre ça avec toi. Tsé, tu me fais du bien. Tu es le positif dans ma vie des derniers mois. Est-ce que tu veux me voir encore, comme tu décris ?

Lui : Ouais, sans casser la tête. Mais I told you, pour l’instant, il n’y a pas de place dans ma vie pour une histoire plus que ça.

Moi : Je comprends. Il ne devrait pas en avoir dans la mienne non plus.

Lui : Well, all good. Let’s have fun !

Moi : Ce n’est pas un peu ça qu’on faisait avant anyway ?

Lui : Non, c’était un peu plus compliqué que ça en fait. Tu m’as quand même dit que tu étais amoureuse de moi… c’est pas mal gros. Non ?

Moi : Il faudrait que je t’explique ma différence de « amoureuse » et dire « je t’aime ». Pour moi, ce sont deux choses différentes (like versus love). Dire je t’aime pour moi ça implique de connaître la personne pas mal de a à z, which is not the case now. Tu comprends?

Il ne répondait pas. Il devait penser que je mentais, mais je disais la vérité.

Moi : J’ai réagis fortement plus tôt parce que ton amitié compte beaucoup pour moi.

Lui : Friendship, that I like. Most important thing.

J’avais passé à travers l’orage, mais j’avais perdu des morceaux. Mon cœur n’était plus le même. J’aurais peut-être dû le laisser partir, comme il le souhaitait au début de notre discussion, mais je n’en ai pas été capable.

Nous ne nous sommes pas écrit pendant cinq jours. C’était la première fois que nous ne nous parlions pas pendant une si longue période. J’avais besoin de prendre du recul. Et puis, un matin, mon iPhone a vibré sur mon bureau. C’était le Rockeur.

Hey! Comment tu vas? Santé, travail, appart pis toute pis toute? On se fait un petit souper ou verre très bientôt?

Je respirais de nouveau.

M. Le Rockeur annule et reporte encore notre rendez-vous

Je n’avais pas vu M. Le Rockeur depuis une semaine. Il me manquait. Je commençais à me poser des questions. Était-il occupé ou prenait-il ses distances?

Alors que nous étions supposés se voir à son retour en ville, le dimanche, il m’a écrit que son emploi du temps avait changé.

Lui : Je vais passer du temps avec ma mère aujourd’hui. Pis aller aider un ami dans ses rénos. Je suis de retour sûrement mardi soir selon l’avancement des travaux. Sinon mercredi. J’ai un show avec mon band au même bar que l’autre fois. (Good morning)

Moi : Bon matin! Well, keep me posted… Je suis déçue, je pensais te voir peut-être aujourd’hui, mais je comprends. Sauf que it makes me wonder if you want to see me at all and how much you care…

J’étais triste. Je ne comprenais pas pourquoi il agissait comme ça. Et puis, je me suis souvenue des conseils de mon ex. Quand nous étions ensemble, il me disait de lui dire ce que j’avais besoin. Il arrivait qu’il ne savait pas comment me rassurer. Alors, j’ai essayé de communiquer avec le Rockeur:

Moi : Tsé, quand tu ne peux pas me voir, c’est là que de me dire  » je vais trouver du temps cette semaine pour qu’on se voit parce que j’ai envie de te voir » serait merveilleux et je n’aurais pas l’impression que you don’t care.

Lui : Ok sorry…. T’as raison. J’ai envie de te voir. Mardi, ce serait cool en espérant que je vais avoir fini les travaux. Sinon, mercredi après mon show. Ça fait longtemps pis ça va être vraiment nice.

Moi : Est-ce que ça veut dire que tu m’invites à ton show ?

Lui : Yes madame ! C’était ça aussi tantôt en passant!!

Moi : Oh, ce n’était pas clair.

Lundi soir, le lendemain, pas de nouvelles. Il me manquait. J’angoissais.

Moi : Tu ne t’ennuies pas des fois de comment on se parlait avant de se rencontrer?

Lui : Salut! Je suis dans les rénovations de salle de bain. Sacré projet. C’est vrai qu’on se parle pas mal moins qu’avant de se rencontrer…. Je ne sais pas pourquoi en fait. Toi ça va?

Moi : Pas super. Je suis malade depuis ce week-end et c’est long avant de se replacer mon affaire. Pis allô l’insomnie. Moi je vote qu’à partir de maintenant, on soit plus spontané. Avant je « overthinkais » pas. Ouf sorry pour ce mot-là!

Lui : Well…. tu veux que j’aille chez toi après mon show mercredi? Si tu feels pas et t’es fatiguée, pas certain qu’un show de punk va t’aider. Fais-toi une soirée relax pis je me pointe plus tard si tu veux. Ce serait cool. Et oui, GO! pour la spontanéité.

Moi : À quelle heure tu joues ?

Lui : 10h30, 11h dur à dire

Moi : ok je vais essayer de venir sinon on se voit après comme tu as dis.

Lui : Vraiment pas de stress. Je vais voir les autres bands pis je passe chez toi après. Reposes toi.

Je le trouvais vraiment mignon de me dire de prendre soin de moi. Je me disais qu’il tenait peut-être à moi un peu, après tout…

Mercredi soir, quelques heures avant son spectacle, il m’a écrit.

Lui : Écoute pour ce soir, je suis vraiment brûlé et semi-malade. Pis j’ai les piles a zéro. Je travaille sans arrêt depuis dimanche sur la salle de bain de mon chum…j’ai eu des probs avec mon entreprise à dealer ce PM…je suis claqué. J’aimerais te voir, mais je ne suis pas dans un bon vibe. Sorry… Ce n’est vraiment pas un bon moment ce soir.

Moi : ok. J’ai l’impression qu’on ne se verra jamais si ça continue de même lol

Lui : Ou ben on va être vieux en criss…!

Moi : Vas-tu être ok pour ton show?

Lui : Medium.

Je n’en pouvais plus de me faire annuler et reporter. Je valais plus que ça.

Moi : T’es chanceux de me plaire parce que je ne serais pas si patiente de me faire annuler ou reporter plusieurs fois… Mais n’attends pas que j’aille 90 ans, si je me rends à ça #justsayin #unefillesetanne

Sur ce, je te dis bon show, tu vas rocker même à médium !

Il n’a jamais répondu à ce dernier message.

M. Le Rockeur semble prendre ses distances

M. Le Rockeur me manquait. J’avais envie de le voir, de le coller, de l’embrasser… Mais il était trop occupé pour me voir. Une autre discussion s’imposait.

Au milieu de la semaine, il m’a écrit qu’il ne pourrait pas me voir avant dimanche. Je me suis surprise en lui écrivant ce que j’avais besoin pour être heureuse.

Lui : On ne se verra pas avant dimanche soir je pense. Je finis je ne sais pas à quelle heure le studio et après je pars pour mon week-end avec mon vieux chum d’université…. Je reviens dimanche!

Moi : Ah dommage… j’aurais aimé te voir avant. J’aimerais te voir plus que deux fois par semaine…

Lui : Je comprends, mais actuellement je ne peux pas donner plus. J’ai un sale horaire pis un paquet d’imprévu comme moto qui casse pis du studio qui prend plus de temps que prévu pis des meetings pis je sais pas quoi encore.

Moi : Je comprends….! Je sors d’une relation que le gars avait zéro temps pour moi…Je ne dis pas que toi c’est ça.

Wow ! J’avais vraiment l’art de me mettre le pied dans la bouche.

Lui : Euh…. Ouin….

Moi : Je dis juste qu’en général, j’ai besoin de quelqu’un de disponible, mais ça, je te l’ai déjà dit… Je ne veux juste pas être déçue tout le temps. Sauf que c’est ok, je suis bien consciente de tout ce qui se passe dans ta vie et je sais que tu es un gars comme ça. Et ça me plaît, ça me permet de faire mes trucs, mais j’ai quand même envie de te voir.

Aucune réponse. Je me suis mise à m’inquiéter.

Moi : Bon, j’espère que je ne t’ai pas traumatisé. Des fois, je parle trop et des fois, je ne parle pas assez….!

Lui : Non, je préfère que tu me dises ce que tu penses/ressens/etc. Je comprends que tu ne veux pas de déception, et la dernière chose que je souhaite, c’est de décevoir….

Moi : Good! Et j’ajouterais que je suis encore à l’étape d’apprendre à habiter  »seule »… so no rush.

Lui : Perfect then.

Nous avons échangé quelques messages durant le week-end. Et puis, arrivé dimanche matin, il m’a écrit pour me dire qu’il ne pouvait pas me voir comme prévu…

Pourquoi prenait-il ces distances? Ou était-il simplement occupé? Je ne savais pas quoi penser.

La fois où M. Le Rockeur n’a pas tenu à sa parole

Au réveil, il devait quitter tôt pour le travail. Je suis donc allée dormir dans mon lit. Nous avions passé une merveilleuse soirée.

Vers midi, je lui ai écris pour lui dire que j’étais mêlée d’avoir dormi dans deux lits.

 M. Le Rockeur : Deux lits c’est mieux que deux lits et deux gars.

J’imagine qu’il était content de notre discussion. Il n’avait toujours pas mangé. Je lui ai donc dit :

Moi : Une chance que tu as eu des becs dans le dos et dans le cou ce matin, ça fait moins dimanche matin de merde.

Lui : Mon dimanche est perfect tsé!

Cuuuuute! J’étais trop contente de lire ça. Dans l’après-midi, il allait chercher un sac pour sa planche de surf. Il m’a envoyé la photo de son sac. Il était tout content. Puis, quelques minutes plus tard, j’ai reçu une photo de ce qu’il était en train de faire. Il était au parc en train de lire des livres que je lui avais prêtés. Moi, j’étais sur le bord de la piscine, alors je lui ai envoyé une photo de la piscine.

Nous avions passé la soirée, la nuit et le matin ensemble, et nous étions en train de s’écrire, encore. Vous avez dit «intense»? J’ai décidé de lui dire les vraies choses et de «partager» pour une deuxième fois.

Moi : Sharing part II : je me sens mal pour hier de pas avoir beaucoup parlé. Tu m’as fait réaliser… c’est ma façon de me protéger parce que tu me plais et ça doit me faire peur à qqpart. Il faut me laisser le temps de m’ouvrir…

Lui : Ouin, je comprends la peur. La peur des feelings… I know that.

Il semblait comprendre. C’était au moins ça! Le lendemain soir, à la météo, on annonçait des orages. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui écrire.

Moi : Il annonce des orages ce soir… Si tu veux venir me coller un peu cette nuit…

Lui : Je te texte plus tard. Je vais souper avec mes chums bientôt et après on va boire quelques bières.

Moi : Ok, let me know, whenever!

J’ai attendu son texto toute la soirée. Je ne l’ai jamais reçu. Je me sentais conne d’avoir espéré le voir. J’étais fâchée et je comptais bien lui faire savoir. Le lendemain, j’ai attendu jusqu’à midi pour voir s’il allait se manifester. Non, rien, nada. Alors, je lui ai écrit :

Moi : As-tu passé une belle soirée?

Lui : Shit, too many drinks…. et ce matin, je partais avec ma moto pour un rendez-vous pis la panne. Ma moto marche fuckin’ plus ! C’est pas très cool… j’avais un beau weekend de moto avec un chum… faque je suis dans ça! Au soleil au moins, mais j’essaie de réparer ça depuis ce matin! Pis toi?

Moi : Poche pour la moto! ça l’aurait été cool de savoir si tu venais ou non finalement… Moi j’ai monté mon nouveau ventilateur de luxe toute seule (j’ai même une télécommande!) et j’ai travaillé sur le CV d’un copain.

Lui : sorry pour pas avoir donné suite…

Je n’ai pas répondu. Je voulais qu’il comprenne que je n’avais pas aimé son comportement. Deux heures plus tard, il m’a réécrit :

Lui : Pis c’est pas yinque une petite fan ton affaire! Avec télécommande et tout? Wow!

Je n’ai toujours pas répondu. Je n’avais pas envie. En constatant que je ne lui répondais pas, quatre heures plus tard, il m’a envoyé un autre message :

Lui : Le bureau ça va? Comment ça se passe?

Je lui ai répondu une heure plus tard en lui disant que j’essayais d’installer ma télévision.

Lui : La télé, si tu te rends compte que rien fonctionne, ça va me faire plaisir de t’aider à démêler tout ça.

Moi : Ça fonctionne, mais merci.

Lui : Fais plaisir.

Moi : Je pourrais aussi faire semblant que ça ne marche pas.

Lui : Haha

Moi : Mon invitation d’hier est bonne pour toute la semaine #fyi

Lui : #ohcool

Au milieu de la semaine, il m’a écrit pour m’annoncer qu’il ne pourrait pas me voir avant dimanche. J’étais déçue…

La question de l’exclusivité avec M. Le Rockeur

Je ne voulais pas que M. Le Rockeur fréquente d’autres filles. C’était clair pour moi, mais je n’osais pas lui dire. Mes amies m’ont fortement encouragé à initier la discussion avec lui. Je comptais le faire, cette soirée-là.

J’étais hyper nerveuse à l’idée d’aborder le sujet de l’exclusivité avec lui. J’avais peur d’être déçue de sa réponse et d’avoir mal. Je ne souhaitais pas devenir un couple sur le champ, mais je ne voulais pas qu’il couche avec d’autres filles. J’éprouvais des sentiments pour lui. Je voulais nous donner une chance de voir où ça pouvait mener. Comment allais-je pouvoir lui dire tout ça?

Au bar de notre première date

Nous nous sommes donnés rendez-vous au même bar que lors de notre première date. Je suis arrivée avant lui. Quelques minutes plus tard, je l’ai aperçu marcher au loin en ma direction. Arrêté au coin du boulevard, il a tendu les bras dans les airs en voulait dire : «merde! je suis en retard et je ne peux pas traverser; la lumière est rouge». Je rigolais.

Lorsqu’il est arrivé près de moi, il a déposé un baiser sur mes lèvres. Je rigolais, car il avait maintenant un peu de baume à lèvres rouge sur sa bouche. Vraiment pas rock, tsé. J’étais tout de même étonné qu’il m’embrasse en public. Ce devait être bon signe!

Mon lourd silence

Nous avons choisi une petite table sur la terrasse. Il faisait beau et chaud à Montréal. Nous avons discuté de tout et de rien. Je n’avais qu’une chose en tête : la discussion de l’exclusivité. Je ne savais ni quand ni comment aborder tout ça. J’étais prise dans mes pensées et je ne parlais pas beaucoup. J’étais trop nerveuse.

Après quelques bouchées, nous sommes allés prendre un verre à un autre bar au coin de la rue. Je ne pensais qu’à ça. J’étais un véritable désastre. Il m’a demandé pourquoi je ne disais rien. Je n’avais aucune explication à lui donner. Nous avons donc passé un très long moment autour d’un verre à se regarder sans rien dire. Horrible. Moins je parlais, moins il parlait et plus j’angoissais.

Nous sommes partis du bar en direction de ma voiture qui était stationnée tout près. Nous avons discuté pendant 5 minutes de ce que nous allions faire. Nous ne voulions pas se quitter. Il m’a finalement invité chez lui pour un autre verre.

La discussion au salon

Je me suis empressée de m’étendre sur son divan au salon. Je savais que nous allions discuter et que c’était le moment. Le salon était notre endroit de prédilection pour «discuter». Je me suis lancée.

Moi : Est-ce que tu vois d’autres filles? Genre… est-ce que tu as envie de voir d’autres filles?

Lui : Non… Je trouve ça difficile de se faire une idée sur quelqu’un en voyant plein de monde en même temps.

Moi : C’est sûr.

Lui : Et toi?

Moi : Non, j’en n’ai pas envie.

Lui : Ok.

Moi : Mais est-ce que ça te ferait quelque chose si j’en voyais?

Lui : Oui, sûrement que ça me ferait quelque chose.

Moi : Ok.

Je ne comprenais pas pourquoi il ne m’avait toujours pas embrassé depuis le début de la soirée.

Moi : Tu n’es pas comme les autres gars. Tu ne me sautes pas dessus pour coucher avec moi.

Le Rockeur : Je pourrais, mais je me dis que ça donnerait rien. Je veux apprendre à te connaître.

Je trouvais sa réponse étonnante. Ça ne m’était jamais arrivée. Normalement, les mecs sont pressés d’arracher les vêtements des filles. Lorsqu’il est parti à la salle de bain, je suis allée sur son lit. J’étais fatiguée, mais j’étais contente de notre discussion. Je m’en voulais de n’avoir rien dit avant et d’avoir été si silencieuse. Il est venu me rejoindre. J’avais fait exprès; j’étais sur son côté du lit préféré. Il m’a demandé pourquoi je ne me collais pas sur lui.

 Moi : Bin, tu veux apprendre à me connaître !

Lui : Aaaaaah! Qu’est-ce que je peux être con des fois! Ce n’est pas ça que je voulais dire. Viens ici!

Et il m’a enlacé dans ses bras. J’étais tellement bien. Je ne voulais plus bouger. Je voulais que le temps s’arrête. Il m’a regardé dans les yeux et m’a embrassé. Cette nuit-là, je ne l’ai pas laissé dormir…