Récits perso

Le party de départ de M. Le Rockeur

M. Le Rockeur partait au Nicaragua pour un mois et je ne l’avais toujours pas rencontré.

J’ai paniqué. À ce moment-là, j’ai pris conscience qu’il n’allait pas m’attendre pour toujours et que je devais me bouger les fesses.

Je revenais de bruncher avec une de mes copines un samedi midi. Un message m’a fait sourire sur mon téléphone. M. Le Rockeur venait de m’envoyer une photo de lui en train de préparer des boulettes de viande. C’était son party de départ le soir même à son appartement.

Levez la main ceux qui t’invitent à venir au party. (Main levée)

Je l’ai remercié de l’invitation, mais je n’étais pas game d’y aller. Et s’il était un meurtrier en série, ou un fou pervers? J’avais peur de me faire découper en petits morceaux (ok, pas vraiment..!). Mais une partie de moi avait envie d’aller le voir. Mon amie a proposé d’y aller avec moi. Il restait encore quelques heures avant le début du party. J’avais le temps d’y réfléchir.

Nous sommes allées rejoindre une autre amie à un restaurant sur le boulevard Saint-Laurent. Pendant ce temps, M. Le Rockeur et moi continuons de nous envoyer des messages. J’hésitais à aller à son party, car je n’aimais pas l’idée de le voir pour la première fois en état d’ivresse avancé. Ses arguments étaient les suivants :

Si tu me trouves cool tard pis high… ben tu vas me trouver cool forever. Je serai juste mieux de jour en jour. Puis si tu viens tard, on va être à l’étape du bunker et ça… c’est chez nous.

Je n’étais pas encore décidée. Je lui ai seulement répondu que j’allais peut-être passer. Et puis, il a publié sur Facebook une photo de lui en direct de son party. J’ai immédiatement ressenti des papillons en voyant son sourire sur la photo.

Moi : « La photo de toi à ton party me tue ».

Lui : « Comme comment?»

Moi : « Comme… je ne sais pas comment expliquer. Tu es trop… wow. Ton niveau d’ivresse est à combien?»

Lui : « Sur 10, je dirais 6.8»

Moi : « Mais si je viens, je t’avertis, je ne suis vraiment pas habillée rock ».

Lui : « Pas se prob ».

Moi : « Tu fais des typos. Je dis que tu es à 7».

Lui : « 6.6»

Moi : « Je m’endors ».

Lui : « Bon alors… on se reprend. C’est ce que je comprends ».

Moi : « Je n’ai pas dit ça».

Lui : « Ok alors viens!»

C’était si simple pour lui. J’étais à 15 minutes en voiture de son appartement. Je n’arrivais plus à suivre les conversations de mes copines. Je tapais du pied sans cesse. J’avais un nœud au ventre. Je savais que je devais y aller. Je savais qu’il en avait marre d’attendre après moi. Je savais que je devais lui montrer que je ne le niaisais pas et que je tenais à lui.

Au même moment, un mec est venu me donner sa carte d’affaires en espérant que j’allais aller le rejoindre dans un autre bar. Les filles étaient conquises; elles voulaient changer d’endroit. Alors que nous étions en route vers le bar, j’ai arrêté de marcher d’un coup.

Les filles, je dois aller le voir. Je sens que je dois y aller. Je dois lui montrer que je suis sérieuse.

Elles n’avaient pas l’air étonné, même si elles n’aimaient pas que j’y aille seule. Mais je devais le faire.

J’étais en route vers chez lui. Je prenais de grandes respirations. Je me trouvais complètement folle d’aller au party d’un inconnu. Mais ce n’était pas un inconnu. C’était M. Le Rockeur, celui qui me parlait tous les jours depuis ma séparation, celui qui me faisait sourire malgré la tempête.

Arrivée sur sa rue, j’ai d’abord passé devant son appartement. Il y avait des gens dehors et on pouvait sentir la marijuana. Je me suis stationnée plus loin. Je ne lui avais pas écris que je venais ou que j’étais arrivée, car j’ignorais si j’allais être capable de sortir de la voiture.

Et puis, je l’ai fait; je suis sortie et j’ai marché vers son appartement. Une petite clôture noire séparait le terrain de l’appartement du trottoir. Je regardais les gens à quelques mètres de moi. J’étais immobilisée devant la clôture. J’hésitais à lui écrire ou à simplement m’avancer parmi les gens. Au même moment, un homme grand et mince avec une casquette rouge, au magnifique sourire est sorti pour rejoindre les invités. C’était lui. Il m’a tout de suite aperçu et son regard s’est illuminé.

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