M. Le Rockeur marque son territoire

Le lendemain du spectacle de musique de M. Le Rockeur, je me suis rendue à la fête d’une amie.

Il m’obsédait; je ne pensais qu’à lui.

Un mec a commencé à flirter avec moi. Je me demandais tellement ce que je faisais là. Je n’avais qu’une seule envie : être dans les bras du rockeur. Je lui ai écris pour lui décrire la situation dans laquelle j’étais.

Lui : « Il a une chance tu penses? »

Moi : « Zéro. Il ne porte pas de Dr. Martens et il ne chante pas.»

Lui : « Dis-lui d’abord qu’il doit me battre. Sinon, qu’il se rende immédiatement et on en parle plus.»

Lui : « Alors. C’est réglé? T’as le champ libre? »

Moi : «Je suis partie alors oui.»

Lui : «Tu fais quoi?»

Moi : « Je vais rentrer… je pense trop à quelqu’un pour flirter. Toi?»

Lui : « Je suis couché et je corresponds avec une très hot correspondante.»

Moi : «Qu’est-ce qu’elle a de si hot?»

Lui : « Des yeux très cool. Un cou vraiment nice à embrasser. Pis un corps crazy que j’envelopperais avec mes bras pour la nuit. »

Je me suis endormie sur ses belles paroles comme s’il était à mes côtés…

Le spectacle de musique de M. Le Rockeur

Le lendemain de notre première date, M. Le Rockeur m’a spécifié qu’il travaillait en écoutant mes chansons.

J’étais gênée.

Il m’a écrit un message très cute.

Je pense que je dormirais bien avec toi. Je ne sais pas pourquoi je lance ça.

J’avais des papillons à l’imaginer à mes côtés. J’allais le voir en spectacle le soir suivant. Il était chanteur dans un groupe de musique. Je lui ai confirmé ma présence à sa soirée. Il m’a avoué ceci :

Parce que je sais que tu viens, ça me stresse. Je veux être fucking bon.

Je suis arrivée à son spectacle sans lui dire à quelle heure j’y serais. Je ne voulais pas arriver trop tôt, mais j’avais peur de le manquer sur scène. Aucun danger : il m’attendait à la porte. Il était tellement beau…

J’ai dit aux gars que je t’attendais avant de commencer.

Je le trouvais tellement cute. Il avait retardé tout le programme de la soirée pour moi. Je me sentais importante pour lui.

Il avait l’air tellement stressé! Lorsqu’il a commencé à chanter, j’ai su que j’allais tomber éperdument amoureuse de lui. Trente minutes plus tard, il remerciait la foule et descendait de la scène. Il est venu déposer son sac à mes côtés et s’est rendu au bar pour me ramener un verre. À lire son expression faciale, je savais qu’il n’était pas content de sa performance. J’ai tenté de le rassurer.

Le Rockeur est resté avec moi toute la soirée pendant que d’autres groupes de musique jouaient sur la scène. Il lui arrivait d’aller parler à des amis, mais son regard était toujours posé sur moi. À la fin de la soirée, il m’a invité chez lui. J’ai encore dit non. Je voulais prendre mon temps et le faire attendre. Il m’a dit qu’il partait tout le week-end chez sa mère en Montérégie. Damn it!

Le lendemain matin, j’avais un message sur mon Facebook.

Tu étais très jolie hier en passant. Merci beaucoup d’être venue hier.

Ma première vraie date avec M. Le Rockeur

Les semaines avant le départ de M. Le Rockeur ont été très intenses.

Et j’insiste sur le mot intense…

Le lendemain matin de son party, il m’a envoyé un message sur Facebook.

Merci d’être passée hier! Tu t’es bien remise de notre rencontre? Pas trop sous le choc? On dirait que mon niveau d’alcool a été propulsé à 8.9 juste avant ton arrivée.

J’espérais ne pas l’avoir traumatisé avec ma visite impromptue. Il m’a confié avoir adoré mon audace et m’a dit que j’étais « trop jolie». Il m’a aussi dit qu’il comptait bien me revoir minimum deux fois avant son départ au Nicaragua et ce, sans compter si je venais à son spectacle de musique le vendredi suivant. J’avais peur qu’il fasse une overdose de moi. Il m’a dit qu’il n’était pas du tout inquiet.

Le Rockeur ne perdait pas de temps. Il m’a tout de suite demandé quand j’étais libre pour le voir. Cette journée-là, j’allais au Piknic Électronik avec une amie. J’ai demandé au rockeur ce qu’il faisait.

Je ne fais rien d’autre que t’inviter à faire quelque chose quand tu veux.

Wow. Il m’avait dans sa cible et rien ne pouvait l’arrêter. Le lendemain, il m’a encore demandé si j’avais des plans en soirée. J’avais un souper de famille. Je lui ai dit que j’avais hâte de le voir.

Lui : « On a eu comme un petit teaser rapide l’autre soir… mais genre vraiment rapide. J’étais full content! Je pense que ça paraissait parce que je parlais full vite.»

Moi : «Je me demandais si tu étais toujours comme ça.»

Lui : «Pis j’étais comme stunned parce que je te trouvais fucking hot en plus.»

J’étais étonnée qu’il m’écrive ça. Je ne savais pas si j’étais son genre. Il m’a dit qu’il avait hâte de me revoir et m’a encore demandé quand j’étais libre.

Nous avons eu notre première date quelques jours plus tard dans un resto-bar près de chez lui. Je suis arrivée 40 minutes en retard, car j’hésitais à m’y rendre. C’est là que mon amie a intervenu :

Si tu n’y vas pas, tu n’as plus JAMAIS le droit de parler de lui ou de prononcer son prénom.

Je me suis donc mise en route. Nous avons parlé pendant 5 heures autour de plusieurs verres de gin. Il m’a dit qu’il avait « la plus belle date de la place ». Lorsque je suis allée le reconduire chez lui, il a fini par m’embrasser dans ma voiture comme un ado. Il était incapable de sortir de ma voiture. Je ne voulais absolument pas qu’il en sorte non plus. Nous nous sommes embrassés pendant 30 minutes. J’avais des papillons. Il embrassait tellement bien. Il m’a invité chez lui et j’ai refusé (ce fut difficile!).

J’ai passé une soirée magnifique, et lui aussi.

M. Le Rockeur, la clôture et moi à minuit

Le regard de M. Le Rockeur s’est illuminé lorsqu’il m’a vu, planté là, de l’autre côté de la clôture.

Il m’a immédiatement reconnu et s’est avancé vers moi. Mon cœur battait la chamade.

Hey, tu es venue! Wow, tu es réellement là!

Il m’a fait la bise et débordait de joie. Il était tellement heureux de me voir. Il était beau, grand, mince, au sourire craquant et aux yeux pairs perçants. Son style était unique : Doc Martens vert foncé avec bas gris remonté, chaîne argent à la taille, short skinny noir en jean déchiré, chemise noire à manches courtes, bracelet de plage, casquette rouge portée à l’envers, anneau argent au nez, anneau argent à l’oreille. Il arrivait à combiner le style rock et surf dans un même look avec brio. Il était sans aucun doute unique; il n’en existait pas deux comme lui.

Le party se déroulait dans les trois appartements du triplex. Il s’est empressé de me présenter à tous ses amis. Je me suis vite aperçue qu’ils savaient tous qui j’étais en me souriant bêtement. C’était gênant! M. Le Rockeur n’arrêtait pas de parler et de bouger. Il était incapable de supporter une seconde de silence auprès de moi. Je voyais qu’il était nerveux; il ne tenait pas en place. Je me demandais s’il était toujours comme ça ou si c’était moi, l’alcool ou un mélange des deux.

La visite du bunker

Je voulais absolument voir son appartement, car on apprend tellement de choses en voyant le chez-soi de quelqu’un. J’ai dû lui demander au moins quatre fois avant qu’il m’y amène. Je ne savais pas s’il était gêné de se retrouver seul avec moi ou s’il ne voyait pas clair dans mes intentions (oui, j’avais envie d’un moment en tête-à-tête avec lui).

Il habitait à l’appartement du sous-sol qu’il surnommait « le bunker ». Arrivé chez lui, il m’a fait visiter. Il avait différents types d’éclairage. La lumière passait du rouge au vert. Plusieurs cadres de photos urbaines décoraient ses murs. Ses propres photos, me suis-je dit. Dans sa chambre, deux bibliothèques blanches débordaient de livres sur les motos et le voyage entre plusieurs romans. Il était fier de me montrer sa petite pièce du fond : son studio de musique. J’entrais dans son univers; un univers que je connaissais bien, étant moi-même musicienne et chanteuse. J’observais son havre de paix composé de plusieurs guitares au mur, d’un piano avec des feuilles de partitions, d’une affiche des Sex Pistols, d’un ordinateur Mac, d’un micro, d’écouteurs, de haut-parleurs et d’un divan-lit. Il a tout de suite allumé plusieurs chandelles. Il me l’avait bien dit : il était romantique.

L’éclosion des papillons

Je me suis assise sur le divan afin d’être un peu plus confortable. Il est venu s’asseoir près de moi pour discuter. Enfin, un moment seul, me suis-je dit. Ses yeux hypnotisaient les miens. Il me donnait des papillons. J’avais une envie folle de l’embrasser, de coller mes lèvres sur les siennes et de m’évader dans ses bras.

M. Le Rockeur : « Tu as tellement d’audace d’être venue à mon party. Je n’en reviens pas encore!»

Moi : « Eh bien, il ne fallait pas m’inviter alors!»

Nous avons sourit comme deux idiots. Puis, une de ses amies est entrée dans le studio et s’est assise au piano Décidément, ce n’est pas ce soir que je vais pouvoir être seule avec lui, ai-je pensé. Son amie était sympathique et a joué quelques notes. M. Le Rockeur fermait les yeux et bougeait la tête en signe d’appréciation. Je ne pouvais pas détourner mon regard. Il me donnait le vertige. Je m’imaginais en train de l’embrasser, mon corps contre le sien…

Après une heure, j’ai décidé de partir. Je n’arrivais pas à être seule avec lui (trop de monde!) et je ne connaissais personne. C’était assez d’émotions pour moi en une soirée. De toute façon, je savais qu’en quittant rapidement, il aurait plus envie de me revoir. Il ne voulait absolument pas que je parte. Il m’a accompagné jusqu’à la clôture. Là, où notre rencontre avait eu lieue une heure auparavant. Il n’arrêtait plus de parler. Si bien que j’ai passé au moins vingt minutes à tenter de partir. Il m’a dit qu’il voulait me revoir très bientôt et plusieurs fois avant son départ pour le Nicaragua. Je suis rentrée chez moi, le sourire aux lèvres. Nul besoin de vous dire que j’ai rêvé à lui toute la nuit.

Le lendemain matin, j’avais un message de lui sur Facebook Messenger.

Le party de départ de M. Le Rockeur

M. Le Rockeur partait au Nicaragua pour un mois et je ne l’avais toujours pas rencontré.

J’ai paniqué. À ce moment-là, j’ai pris conscience qu’il n’allait pas m’attendre pour toujours et que je devais me bouger les fesses.

Je revenais de bruncher avec une de mes copines un samedi midi. Un message m’a fait sourire sur mon téléphone. M. Le Rockeur venait de m’envoyer une photo de lui en train de préparer des boulettes de viande. C’était son party de départ le soir même à son appartement.

Levez la main ceux qui t’invitent à venir au party. (Main levée)

Je l’ai remercié de l’invitation, mais je n’étais pas game d’y aller. Et s’il était un meurtrier en série, ou un fou pervers? J’avais peur de me faire découper en petits morceaux (ok, pas vraiment..!). Mais une partie de moi avait envie d’aller le voir. Mon amie a proposé d’y aller avec moi. Il restait encore quelques heures avant le début du party. J’avais le temps d’y réfléchir.

Nous sommes allées rejoindre une autre amie à un restaurant sur le boulevard Saint-Laurent. Pendant ce temps, M. Le Rockeur et moi continuons de nous envoyer des messages. J’hésitais à aller à son party, car je n’aimais pas l’idée de le voir pour la première fois en état d’ivresse avancé. Ses arguments étaient les suivants :

Si tu me trouves cool tard pis high… ben tu vas me trouver cool forever. Je serai juste mieux de jour en jour. Puis si tu viens tard, on va être à l’étape du bunker et ça… c’est chez nous.

Je n’étais pas encore décidée. Je lui ai seulement répondu que j’allais peut-être passer. Et puis, il a publié sur Facebook une photo de lui en direct de son party. J’ai immédiatement ressenti des papillons en voyant son sourire sur la photo.

Moi : « La photo de toi à ton party me tue ».

Lui : « Comme comment?»

Moi : « Comme… je ne sais pas comment expliquer. Tu es trop… wow. Ton niveau d’ivresse est à combien?»

Lui : « Sur 10, je dirais 6.8»

Moi : « Mais si je viens, je t’avertis, je ne suis vraiment pas habillée rock ».

Lui : « Pas se prob ».

Moi : « Tu fais des typos. Je dis que tu es à 7».

Lui : « 6.6»

Moi : « Je m’endors ».

Lui : « Bon alors… on se reprend. C’est ce que je comprends ».

Moi : « Je n’ai pas dit ça».

Lui : « Ok alors viens!»

C’était si simple pour lui. J’étais à 15 minutes en voiture de son appartement. Je n’arrivais plus à suivre les conversations de mes copines. Je tapais du pied sans cesse. J’avais un nœud au ventre. Je savais que je devais y aller. Je savais qu’il en avait marre d’attendre après moi. Je savais que je devais lui montrer que je ne le niaisais pas et que je tenais à lui.

Au même moment, un mec est venu me donner sa carte d’affaires en espérant que j’allais aller le rejoindre dans un autre bar. Les filles étaient conquises; elles voulaient changer d’endroit. Alors que nous étions en route vers le bar, j’ai arrêté de marcher d’un coup.

Les filles, je dois aller le voir. Je sens que je dois y aller. Je dois lui montrer que je suis sérieuse.

Elles n’avaient pas l’air étonné, même si elles n’aimaient pas que j’y aille seule. Mais je devais le faire.

J’étais en route vers chez lui. Je prenais de grandes respirations. Je me trouvais complètement folle d’aller au party d’un inconnu. Mais ce n’était pas un inconnu. C’était M. Le Rockeur, celui qui me parlait tous les jours depuis ma séparation, celui qui me faisait sourire malgré la tempête.

Arrivée sur sa rue, j’ai d’abord passé devant son appartement. Il y avait des gens dehors et on pouvait sentir la marijuana. Je me suis stationnée plus loin. Je ne lui avais pas écris que je venais ou que j’étais arrivée, car j’ignorais si j’allais être capable de sortir de la voiture.

Et puis, je l’ai fait; je suis sortie et j’ai marché vers son appartement. Une petite clôture noire séparait le terrain de l’appartement du trottoir. Je regardais les gens à quelques mètres de moi. J’étais immobilisée devant la clôture. J’hésitais à lui écrire ou à simplement m’avancer parmi les gens. Au même moment, un homme grand et mince avec une casquette rouge, au magnifique sourire est sorti pour rejoindre les invités. C’était lui. Il m’a tout de suite aperçu et son regard s’est illuminé.